« A tous, mes meilleurs voeux pour l'année à venir, et un très joyeux Noël ! | Page d'accueil | Dans ma collection »

samedi, 15 août 2009

Les jours viennent en grappe, comme le raisin.

Certains sont gonflés de soleil, sucrés et prometteurs, mais beaucoup sont trop verts, acides, déjà pourris avant d'avoir été. Les plus tentants donnent leur jus contre leur gré, scarifiés par toutes sortes de pique assiettes. D'autres dont on ne connaîtra jamais la teneur sont prématurément décrochés par le vent. Certains encore sont attaqués de maladies et par le manque de soins. Tout vendangeur enchaîne la récolte les grappes, cherche à optimiser une cueillette dont la qualité ne dépend pas entièrement de lui-même. 

 

Je ne comprends pas pourquoi on viendrait persuader certains vignerons de faire forcément du vin avec les grains toxiques... Mais il semble que pour certaines personnes, de vinaigre et de botulisme on fait des romanées conti à force d'auto-persuasion.

 

Je crois que ces personnes là ne sentiraient pas le goût du poison même si elles le croquaient à pleines dents, mais à vrai dire, elles n'y ont quasi jamais goûté. Lorsqu'elles se rendent compte que la récolte est foutue sur pied, et que la coupe du vendangeur d'à côté est effectivement amère, elles ne s'excusent pas d'avoir mal compris et de l'avoir accablé : elles remettent en cause ses compétences, évidemment. Que n'a-t-il imaginé plus fort que le soleil brillait ? que n'a-t-il fait disparaître l'attaque cryptogamme dans sa tête ? Que n'a-t-il taillé toutes ses vignes en rêve...

 

Traiter les pourritures pour de bon, replanter et assainir le terrain avec vos propres mains ? Vraiment régler les problèmes et y consacrer de l'énergie ?

Mais vous n'y pensez pas ?! Quelle idée étrange...

Allons, allons. Niez vos difficultés, c'est si simple et tellement plus efficace. Pourquoi vous n'y arrivez pas, comme tout le monde ? C'est bien la preuve que vous êtes un mauvais viticulteur et que le problème vient de vous : un bon aurait su comment imaginer que tout allait parfaitement, au lieu de faire ces efforts stupides pour agir sur les causes ! N'importe qui vous le dirait. Si vous ne vous en rendez pas compte, c'est qu'il est temps pour vous de réfléchir, un peu, ou de vous faire aider.

Mais oui, (à la cantonnade) regardez quels moments pénibles il s'impose : il desherbe, il traite les sarments, il taille jusqu'à en avoir mal partout d'être courbé, il fait des plans de culture, il inspecte, il s'adapte. Il ne cache rien de l'épuisement que ça lui cause, et de la difficulté de ce qu'il entreprend. Rendez-vous compte comme il est idiot : Si ce qu'il faisait était positif, il aurait forcément un sourire béat sur le visage ! Au contraire, il est fatigué d'avoir travaillé, et courbattu à la fin du jour : c'est qu'il aggrave son problème de vignes, CQFD ! Il se trouverait tellement mieux de tout laisser comme c'est, et de nous écouter...

 

Il y a tout de même un point commun à tous ces conseilleurs : cette coupe astringeante qu'on *se devrait* d'imaginer liquoreuse, ce ne sont jamais eux qui doivent la boire jusqu'à la lie.

 

Mes jours viennent en grappe, comme le raisin.

Ils sont rattachés on ne sait comment les uns aux autres, plein de pépins, et une bonne partie d'entre eux sont pourris.


Le plus difficile, lorsqu'on est malade, ce n'est pas les nombreux malaises, l'idée des mutilations à venir, les douleurs et le reste. Non.

C'est d'avoir à prendre soin de tous ces gens qui vous disent des horreurs.  

Rester polie, être une brave fille. Souffrir peut être mais avec classe, sinon c'est inconvenant et malvenu. Qu'on soit content de ne pas avoir cédé à la tentation du suicide jusque là et qu'on en tire de la force n'a aucune importance, pire, c'est minable. Il faut se rendre compte qu'on est une vraie sous-merde de n'avoir pas (au contraire de tant d'autres) assez d'élégance et de gnaque dans sa déchéance, et qu'il est temps de s'y mettre. Il faut continuer d'aimer les gens qui vous ont laissé entendre ça, même si vous n'imaginiez pas qu'on puisse servir un discours aussi écoeurant à quelqu'un. Il faut faire semblant que ces paroles ne résonnent pas dans votre tête au coeur de chaque nuit.

 

C'est que ces gens prétendent vouloir vous aider, et une bonne partie de ceux qui les écoutent pensent que c'est ce qu'ils font : en refusant leur message vous êtes la personne affreuse qui ne joue pas le jeu. Il ne faut pas être ingrate, considérer l'intention avant la cruauté du propos comme une bonne demoiselle bien élevée. Pourtant, avoir conscience que certaines de ces personnes sont réellement gentilles et que vous êtes réellement touchée par l'intention derrière ces mots qui vous détruisent, ça ne vous aide pas. Vraiment pas.

 

Ne pas gâcher leur journée, surtout, ne pas les mettre mal à l'aise. Sourire. Quelqu'un de normal sourit, positive, plaisante, les gens normaux sont TOUJOURS heureux, si j'en crois ce qu'ils disent, puisqu'on ne peut pas avoir un moment de faiblesse ou l'envie d'en parler sans se faire rembarrer comme si on avait fait caca sur leur tapis... Assumer bravement quand vous avez eu des sautes d'humeur ou des mots durs et que ça vous catalogue, parce que personne ne semble comprendre ce qui vous arrive. Par exemple que non, quand on une hypo on ne se rend pas compte qu'on devient agressif ou qu'on tombe dans les pommes, et que oui, c'est à la fois terrifiant et ingérable, sauf si l'entourage le prend en compte et nous aide.

 

Rester stoïque devant des gens qui professent dans votre face que si *on* ne va pas mieux, c'est toujours parce qu'*on* y met pas du sien, puis faire semblant de ne plus entendre les "ah bon, t'es encore malade !?" de ceux qui n'ont connu dans leur vie qu'une gastro ou un rhume. Ils n'imaginent pas une seconde qu'à l'intérieur, on n'a pas que du gras et de la viande, mais bien des organes dont certains sont vitaux. Toujours, il faut subir avec dignité les jugements des nombreuses personnes pour qui la notion de "malade pour le reste de sa vie" ne concerne que les malades mentaux et les dégénérés.

 

Encaisser, ensuite, quand vous vous rendez-compte que le jour où vous leur avez expliqué avec patience ce qui fait que vous êtes malade et que vous ne guérirez jamais, c'est à peu près pour une malade mentale qu'ils vous ont pris, du coup. Ou pour une dégénérée...

choisir, encore, de serrer les dents pour supporter tout les bahtaka-fédon-maisenfin, ou pendant qu'une petite conne vous assène les contre-vérités les plus insultantes sur ce dont vous souffrez, tenir à tout prix sans rien dire, parce qu'en lui répondant comme elle le mérite vous risqueriez d'ouvrir brutalement les yeux de certaines jeunes personnes plus empathiques, sur ce qui vous attend dans les années à venir...

 

Il faut prendre soin des gens qu'on croise, aussi pour continuer à en croiser, parce que vivre tout cela tout seul est tout bonnement insupportable.

Alors, ces gens, vous prenez garde à ne pas les obliger par ricochet involontaire à réfléchir sur le sens de leur propre vie. Ne pas paraître avoir besoin de leur aide, même sans le faire exprès, car ça les forcerait... à des contournements pour éviter de vous aider, sans compter la rancune qu'ils éprouvent ensuite contre vous pour les avoir obligés à cette attitude mesquine. De l'aide, vous en avez bien demandé au début, aux gens qui savaient qu'ils étaient vos meilleurs amis. Vous avez essayé de leur parler en pensant naïvement qu'après 15 ans où jamais vous ne leur avez fait faux-bond quand ils avaient envie de parler à n'importe quelle heure, vous pourriez évoquer vos soucis avec eux 5 minutes dans un moment qui les arrangerait. Ils vous ont envoyé sur les roses, tout simplement. Vous ne vous y attendiez pas, à celle ci, et vous ne savez pas si d'avoir gardé de l'espoir jusque là était une belle chose, ou une raison de plus d'avoir honte.

 

Il faut prendre soin des gens qu'on croise... Cela veut dire aussi qu'il faut s'en garder, bien souvent.

 

Comprenez-vous maintenant que la coupe la plus amère faite du vin de mes jours, ce n'est pas la maladie qui m'atteint et son cortège de destructions, de souffrances, présentes ou à venir ? C'est d'avoir à choisir entre la solitude absolue et m'empoisonner de tout ce fiel, craché par ceux qui se protègent (plus ou moins consciemment) des réalités que j'impose à leur esprit malgré moi. C'est me sentir tenue de continuer à donner de moi-même en suivant mes valeurs, alors même que tout le monde semble trouver ce don normal seulement quand c'est moi qui le fais, et bien que les forces commencent à me manquer. 

 

Je m'interrogeais déjà dans les notes précédentes sur la limite des choses horribles qui peuvent arriver à un être humain sans qu'il flanche.

J'espère que je ne la trouverai pas.

Commentaires

Le Faucon Yaka: rapace charognard qui se repait du malheur des autres parce que comme ça il peut se dire que cette fois, il y a échappé...
Une amie d'une grande sagesse m'a dit un jour:
"les gens, faut les prendre comme ils sont. Et parfois, faut aussi savoir les laisser où ils sont!"
Moins, meilleur, pour plus de richesse.
Je t'envoie plein d'énergie pour... tu gères comme tu veux, y a que toi qui sais comment te faire du bien vraiment.
Je t'embrasse.

Écrit par : La Trollette | lundi, 17 août 2009

Pleins de good vibes de Californie :)

Écrit par : del4yo | dimanche, 23 août 2009

J'allais dire que ça me fait bien plaisir de te relire enfin par ici... mais ça n'a pas l'air d'aller si bien et ça me rend très triste pour toi! En ce qui me concerne, ça fait longtemps que j'ai abandonné l'espoir que qui que ce soit comprenne quoi que ce soit de ma vie et mes difficultés, sinon je serais devenue folle. Quand même ma mère arrive encore (après 36 ans quand'même!) à me dire des horreurs, je me dis qu'il n'y a vraiment aucun espoir et je renfonce mes boules Quies dans mes oreilles et je continue toute seule, comme avant.

Bon courage à toi!!! Et grosses bises des trois canadiennes!

Écrit par : Dr. CaSo | dimanche, 23 août 2009

Pensées un peu tristes mais gorgées pour toi du soleil bordelais, qui a fait ses preuves, cette année en particulier, en matière de grappes...
Bisous

Écrit par : FreZ | lundi, 24 août 2009

J'espère arriver à te donner un tout petit peu de force via ce petit message, en espérant de tout cœur que les choses soient un peu meilleures pour toi.
bises

Écrit par : lew | lundi, 24 août 2009

Oh! Krysalia! Je trouve ce que tu dis extrèmement touchant, d'autant plus qu'il y a quelques mois j'étais moi aussi débordée par mes doûtes. Il ne faut surtout pas te laisser démolir par ce que disent les autres de toi. Ils ne peuvent pas imaginer ce que tu vis... ils ne l'ont jamais ressenti. Tiens le coup. J'aime beaucoup ce que tu fais.

J'ai trouvé une citation qui m'a beaucoup aidé ces dernières semaines:
"La vie, c'est comme une bicyclette: il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre"
Je crois qu'elle est d'Einstein, ce n'était pas un génie pour rien! Lol! Même dans ce domaine, il a une autre compréhension que certains.

Si tu as besoin de parler, n'hésite pas à me laisser un message sur mon mail.

Bizzzzzzzzzzzz!!!!!!!!!!!!!!

Écrit par : Lady MO@ | lundi, 14 septembre 2009

Your blog looks wonderful. It was nice going through your blog. Keep it up the good work. Cheers :)

Écrit par : Flowers | mardi, 15 septembre 2009

Salut Krysalia,
ça fait plusieurs fois que je relis ce texte depuis que tu l'as écrit. J'avais pas encore laissé de com' parce qu'on se croise chez Candy et chez miss Caso, mais on a pas été vraiment présenté... ;-) Enfin.
Bref ton histoire me touche beaucoup.
Pourquoi: Parce que Je traine une bonne grosse dépression depuis 3 ans (ou 30). C'est pas quelque chose qui va me détruire, alors je ne veux pas comparer avec ce que tu as... Mais c'est quand même un truc qui a la fin vous isole aussi... Quand on est dépressive tout le monde dit toujours "que si on se bougeait le cul, ça irait mieux"... Hors que ce n'est pas vrai. Parfois si on se bouge le cul ça va encore plus mal on se met dans un état de surexcitation, de panique et d'angoisse qui mènent tout droit au vrai pétages de plombs. Mais dans la société il est admis que quand on va pas bien : on se bouge le cul et on arrête de faire chier les gens. Même si on les fait pas chier d'ailleurs... C'est juste de savoir qu'on est sous anti-dépresseurs qui les fait chier, je ne sais pas pourquoi. Parce que moi je vais beaucoup mieux quand je prends mes médoc, je suis "normale". Alors pourquoi tout le monde veut que je décroche des médocs? Je sais pas. Alors que ça me soigne. Parce que la dépression c'est une maladie. Mais les gens n'aime pas qu'on soit malade, pendant des années, et que ça ne s'arrange pas.
Tu vois c'est chouette que tu aies écrit ce post. Même si c'est pas pour raconter quelque chose de très gai. Moi ça m'a fait du bien de le lire et de le relire.
Ca me fait penser à un autre truc. Ma mère avait une super copine a une époque. Un jour ma mère a fondu en larmes devant elle et lui a raconté ses problèmes de couple. Elle n'a plus jamais revu sa copine. Sa confession et ses larmes avait fait définitivement fuir la bonne copine qui avait l'habitude de passer des soirées entière à la maison...
J'ai l'habitude de toujours dire que je vais "super bien". Même quand j'ai passé la matinée à chialer, peut-être à cause de cette hsitoire.
Je n'ai pas compris qu'elle était ta maladie mais j'ai bien compris qu'elle est physique... J'imagine la frustration et la colère que tu peux ressentir à voir autour de toi des amis ou des proches "nier" ce que tu as en ne voulant pas en entendre parler...
Bon ben je voulais juste te laisser un com' parce que personnellement j'aime pas les gens qui viennent sur mon blog et ne disent rien...
Et puis pour te dire que ça m'a un peu inspiré le post que je vais publier dans la journée.
Bises.

Écrit par : Mahie | jeudi, 14 janvier 2010

Mouais en fait je l'ai écris et pis je vais pas le publier... Une autre fois. Je le garde dans les brouillons...

Écrit par : Mahie | jeudi, 14 janvier 2010

Je sors de mon silence pour répondre à Mahie, mais j'en profite pour remercier énormément tous les gens qui ont pris la peine de venir poser un petit mot de compréhension et de soutien dans ces pages. Votre présence me touche plus que je ne saurais le dire, particulièrement dans ces moments ou parler de ce que je ressens (hormis ce genre de post en touffe !) est plutôt laborieux.

Mahie, je te remercie de ce que tu partages avec moi et d'autres, dans ton commentaire. Je pense que je comprends ce que tu veux dire, la dépression a cela de commun avec mon histoire que tout le monde se croit autorisé à savoir d'où elle vient, comment elle fonctionne, et de quelle façon en sortir en trois secondes.

Alors forcément, si tu as le mauvais gout de ne pas coller à ce qu'il faut bien appeler des *préjugés à la con*, c'est de ta faute, hein, franchement :) .

Tu n'y met pas du tien *voyons*, il faut croire que tu te complais *enfin*, tout ça c'est des histoires parce que tu manques de courage - et d'ailleurs la fille de la soeur de mon cousin a déprimé une semaine et pas une de plus alors comme quoi, mame michu, ben c'est que les autres se foutent du monde, j'te r'mettrais tout ça au travail une bonne guerre et blablabla... Lutter contre une telle couche de bêtise et contre ses ramifications gluantes dans l'esprit des moins cons, c'est tout simplement impossible en plus d'être frustrant. A mort.

frustrante tout autant, la période ou si je devine bien, on essaye toutes sortes de remèdes, de trucs de grand mère, de psychologie de bazar ou de sciences du comportement, *très amicalement* assénés par des tas de gens qui sont trop super spécialistes depuis qu'ils lisent cosmo ou qu'ils ont fait trois séances il y a 5 ans avec la psy du boulot. On est pas bégueule voire un peu désespéré, on veut bien tenter, et puis ça ne donne rien, voir ça fait plus de mal. On fait le tour et on finit par comprendre en quoi ces *trucs* ne pouvaient pas nous aider, on est épuisé, on y a laissé une précieuse énergie.

Et peut être plus frustrantes encore, il y a toutes les années qui suivent cette période, où des TAS d'AUTRES gens nous proposent *encore et encore* toutes ces mêmes solutions éculées et débiles... Methodes psycho prétenduement inratables-le-bonheur-facile-pas-cher, compléments miracles du Père Limpimpin et autres gros clichés qu'on a, donc, essayé cent fois.

Mais atassion, aux yeux de ces gens on est censé être trop bête pour les avoir déja tentées, ou c'est qu'on l'as pas fait assez bien *allons*, vu qu'on a pas un sourire béat plaqué aux lèvres - CQFD.

Alors ils insistent, *encore et encore* :/...

Donc tu dois te justifier de pourquoi tu ne vas pas refaire ce cirque-non-merci, encore et encore, jusqu'au prochain et ça recommence :( .

Je me reconnais quand tu parles des médicaments, mais à l'inverse : les gens ne voulaient pas que je les arrête, au contraire, je n'en ai jamais pris de sérieux et ça a servi d'excuse à certains pour prétendre que je ne "voulais pas m'en sortir" et que "je me complaisais". Sachant ce que je sais aujourd'hui, il est probable que des psychotropes m'auraient tuée à moyen terme. Mais pas un de ces cons ne s'excuse, tu penses. Toi, tu sais que tu vas mieux avec les médicaments et ils veulent te les faire arrêter... J'imagine qu'on te sert le même genre de culpabilisation malsaine : "tu ne veux pas t'en sortir, et tu te complais". Pfff...

Que penser de ces gens qui prétendent que le bien être de l'autre leur importe mais qui tiennent à leur faire lâcher ce qui manifestement les rend heureux, au nom d'une quelconque idéologie générale ou du fait qu'ils auraient mieux compris la vie de l'autre que lui même ?

Je n'ai pour cette engeance qu'un mépris profond.




Au sujet du texte du post, pour être honnête je l'ai écrit surtout pour moi même, quelques raisons personnelles mais aussi parce que j'avait tant de mots tassés et tant de mauvais vécus accumulés au sujet des gens qu'il me fallait une soupape. Je l'ai fait également parce que je pensais que ces choses devaient être dites, elles ne le sont jamais et c'est dommage. C'est pour cela que bien après la campagne de pub contre le cancer m'a touchée, car les paroles des intervenants étaient pleines des choses qu'on est censé éviter de dire quand on est un malade bien élevé. Que la souffrance vous rend suceptible, qu'il y a des gens qu'on a envie de ne plus revoir, que quelquefois ne plus s'imposer de moments pénibles devient le mojo plein de soulagement d'une vie trouée.

J'espérais vaguement qu'un jour ce texte et ce que j'y exprime puissent être utile à quelqu'un qui y aurait trouvé du réconfort à l'idée qu'il n'était pas seul à penser ce qu'il pense, qu'il n'était pas nul de ne pas s'en sortir contrairement à ce que tout le monde prétend, et qu'on a le droit d'aller mal puisque quelquefois c'est un fait, il n'y a rien de honteux à cela.

C'est pour ces raisons que ton commentaire me touche énormément, parce qu'il m'apprend qu'à toi au moins, et du coup peut être à d'autres, ce texte a en effet été utile de cette façon ! C'est précieux, je me sens moins nulle, moins inutile, et même fière de savoir que ça t'a fait du bien.

Je trouve merveilleux que ça t'ait inspiré un texte, l'expression de ce que tu ressens. Comme tu le sais peut être, mon idéal c'est que les gens puissent un jour se parler de tout entre eux y compris de choses soi disant négatives ou personnelles et tous s'écouter sans gêne de part et d'autre, ne plus s'ajouter au fait d'aller mal le fait de culpabiliser pour cela.

Me faire savoir que quelqu'un a eu envie de dire des choses grâce à ce que moi j'ai dit, c'est le plus beau des cadeaux qu'on peut me faire. Merci à toi.

Je comprends que tu n'aies pas envie de le publier tout de suite, et puis de toute façon, ce qui est beau et important, c'est que les mots soient nés, que tes idées se soient ordonnées peut être en écrivant. C'est quelquefois l'acte de dire qui change les choses, pas forcément de le faire avec un destinataire. S'autoriser à parler, à inscrire et construire certaines idées sur une forme moins fugace que le passage quelques electrons dans un neurone, c'est déjà un pas énorme qui va toujours dans le bon sens.

Si tu le publies un jour, tu me diras ? :)

moi aussi je t'embrasse o_

Écrit par : krysalia | samedi, 16 janvier 2010

Hello,
ne me revoilà qu'aujourd'hui car je n'ai pas pu mettre de rss sur les commentaires de ton blog... Et j'avais pas vu ta réponse.
Bref.
Merci de m'avoir répondu (on va s'emmêler les jambes avec nos mercis ;-). Tu exprimes vraiment super bien les choses! Tu devais être bonne en dissert'!!!
Écoute franchement, j'ai l'impression que c'est la première fois que quelqu'un (même moi) exprime aussi bien ce que je ressens!
Si j'avais vu une thérapeute qui avait parlé comme toi, je serai retourné la voir! Lol.... T'as pas fait psycho par hasard? Nan... Je crois pas... On sait jamais.
J'ai écrit ce texte (que je n'ose pas publier) dans l'urgence... J'avais besoin que ça sorte et puis... Je me suis dit que ça pouvait blesser une personne qui vivait la même chose que moi en ce moment et qui pouvait croire que c'était elle qui m'avait inspiré le texte. (C'est au sujet d'une interruption médicale de grossesse). Mais je le publierai dans un mois. J'en ai jamais parlé sur mon blog clairement. J'ai même retrouvé des posts ou je croyais en avoir parlé clairement et ou c'était complètement incompréhensible! Il faudra aussi que je le fasse lire à mon mari, j'ai pas envie de lui faire mal en parlant de ça sans prévenir... Je parle de choses qu'on m'a dites à l'hôpital et qu'il n'a peut-être pas su clairement.
Deux ou trois fois j'ai écrit des post sur cette détresse psychologique et je ne les ai pas publiés pour ne pas qu'on se dise : 1) que je ressassais encore ça 2) Que je devrais trouvé du boulot que ça m'aiderait (???) 3) Parce que je pense que les gens n'aime pas voir la souffrance des autres, nous juge exhibitionnistes de dire qu'on a mal... 4) Parce que certains fantômes trainent sur mon blog qui n'ont pas à connaître mes faiblesses. 5) Parce que je vais mieux et que c'est pour ça que je peux en parler. Alors que si j'en parle tout le monde va penser que ça va pas mieux. Mais c'est faux quand ça allait mal je pouvais pas en parler. LOl. je suis clair comme du jus de boudin, hein?
C'est pas grave. ta réponse m'a autant mis de baume au coeur que ton texte initial...
je te ferais signe si je le publie.
Serait pas à Paris quand Dr Caso passera... Mais on se verra peut-être une autre fois!
Bises.

Écrit par : Mahie | dimanche, 17 janvier 2010

j'arrive sur ce post je ne sais même plus comment...hasard bien fait je pense!
je te comprends, je sens ce que tu veux dire...;personnellement, j'ai mis beaucoup de barrières autour de moi pour ne pus me laisser parasiter par les AUTRES...ça s'apprend, il faut être prêt à assumer une certaine solitude et surtout ne pas se sentir obliger de se justifier sur tout ce que l'on est...maintenant, j'envoie balader les gens facilement et ça ne me mange plus...c'est ma vie, elle va bien, elle va mal???je m'en fous de ce que les autres pensent...bref, j'adorerai correspondre avec toi...je suis devenue très costaud très forte malgré mes 40 kg lol...et j'aime aider les gens qui parfois ont juste besoin de se laisser aller...surtout tiens, tiens fort! un jour, je me suis réveillée et j'ai décidé que ma vie c'etait moi qui allait la diriger...bonnes ou mauvaises directions peu importe, c'est moi et j'assume...des lors, tu n'as plus à écouter les autres...
je t'embrasse m^me si on ne se connait pas...tu as mon mail grave à ce comm n'hésites pas...je n'ai pas encore fini ma visite chez toi mais si j'ai bien compris tu es ou etais viti...moi je faisais de l'élevage dans une autre vie...ils nous ont amené à la dépression avec leur conneries de syndicats bref, tu sais...
je suis là, je peux t'écouter;

Écrit par : ninie | mardi, 22 juin 2010

Je suis d'accord avec La Trollette ! biz...

Écrit par : Julie | mercredi, 13 avril 2011

Écrire un commentaire